Né à Londres en 1950 Antony Gormley est l’un des artistes phare de la scène contemporaine londonienne. Il est connu pour ses sculptures, ses installations monumentales, des oeuvres qui interrogent la relation entre le corps humain et l’espace architectural ou naturel, l’environnement et le cosmos. C’est son propre corps, lieu de mémoire et de transformation, qui est à l’origine de ses productions.

Depuis le 30 septembre, White Cube, la célèbre galerie londonienne – et selon nous l’une des 5 plus belles du monde – lui consacre une exposition, Fit. Nous en profitons pour remercier ici le maître des lieux, Jay Joplin, pour cette magnifique installation !

Antony Gormley, White Cube Gallery
Antony Gormley, White Cube Gallery

Pour cette exposition, Antony Gormley a configuré l’espace de la galerie en 15 chambres afin de créer une série de rencontres physiologiques dramatiques sous la forme d’un labyrinthe, grâce à plus de 550 sculptures. Les visiteurs doivent choisir de passer à travers différents espaces, éclairés de façon unique, chaque chambre où l’on passe interrogeant l’expérience vécue dans la précédente. L’exposition fait référence à la relation que l’individu entretient avec l’environnement bâti, qu’il soit citoyen londonien ou migrant cherchant refuge.

Les préoccupations de l’artiste sont plus clairement définies dans l’installation Sleeping Field (2015-16). Composée de plus de 500 petites sculptures en fer, l’oeuvre ressemble d’abord à un paysage formé de bâtiments gris, plus ou moins hauts. Mais lorsqu’on s’approche, les formes s’avèrent être des centaines de corps symbolisant la lassitude et le désespoir.

Antony Gormley, Sleeping Field

La notion d’échelle, notamment celle d’un corps humain par rapport à l’espace architectural, est explorée dans des œuvres comme Run (2016) : une seule ligne continue en fonte qui indique l’espace d’une chambre en serpentant et en prenant des virages à 90 degrés. En décrivant ce travail, qui porte sur les mesures exactes de son propre corps, Gormley affirme qu’«il nous invite à faire une pause et à considérer notre dépendance à l’égard du « deuxième » corps, le corps de l’architecture. »

Dans Passage (2016), Gormley crée un tunnel de 12 mètres de long dont la forme est calquée sur une forme humaine debout, offrant au visiteur un voyage dans l’obscurité et l’inconnu.

Antony Gormley, White Cube Gallery
Antony Gormley, White Cube Gallery
Antony Gormley, White Cube Gallery
Antony Gormley, White Cube Gallery

L’exposition Fit est une invitation à nous interroger sur ce que nous sommes, ce que signifie habiter un corps ou habiter un espace. Dérangeant et fascinant à la fois ! Allez donc vous y perdre si vous passez par Londres, l’exposition est visible jusqu’au 6 novembre.