Il ne vous reste plus qu’un week-end pour visiter l’exposition Anselm Kiefer au Centre Pompidou. Elle ferme en effet ses portes le 18 avril. Alors si vous êtes de passage à Paris il serait dommage de manquer cette rétrospective, inédite en France depuis 30 ans. D’autant plus que la qualité des œuvres présentées et la scénographie sont vraiment remarquables.

Des chefs d’oeuvres incontournables

L’exposition propose au visiteur de parcourir toute la carrière d’Anselm Kiefer, de la fin des années 1960 à aujourd’hui, avec cent cinquante œuvres dont une soixantaine de peintures choisies parmi les chefs-d’œuvre incontournables. On peut ainsi y voir des installations, des peintures monumentales ou des objets et des œuvres sur papier plus intimes.

Réveiller les consciences

Né en 1945 Anselm Kiefer est un artiste allemand qui vit et travaille en France depuis plus de 20 ans. C’est par une provocation qu’il se rend célèbre en 1969. Afin de réveiller les consciences, il se prend en photo faisant le salut nazi dans de grandes villes d’Europe. « L’une de mes motivations pour peindre, c’était aussi l’histoire allemande. »

Ses œuvres relèvent d’une volonté de revisiter l’identité allemande d’après-guerre sans pour autant la renier. Il met en scène les grands mythes fondateurs, les grands événements, les grands hommes de son pays dans des tableaux monumentaux saturés de matières aussi bien que dans des sculptures à l’esprit Dada.

« Plus on retourne vers le passé, plus on va vers le futur »

En constante évolution, son travail témoigne d’un questionnement incessant. « C’est très contraignant de faire une rétrospective parce qu’il faut revoir les anciens tableaux, revenir sur le passé. Je préfère regarder le futur. Mais il y a des surprises : on voit les œuvres différemment après toutes ces années, la vision change, le public aussi. Je deviens moi-même spectateur de tableaux que j’ai peints il y a plus de quarante ans. Mon idée du temps est que plus on retourne vers le passé, plus on va vers le futur. »