Dimanche 6 septembre 2015, c’est la deuxième fois que Dirty Corner, l’oeuvre d’Anish Kapoor installée dans les jardins du château de Versailles, est vandalisée.

Alors que les jets de peinture jaune du 17 juin dernier avaient été effacés, les nombreuses inscriptions antisémites que quelques bas d’esprits fascisants ont barbouillé sur l’ensemble de l’oeuvre monumentale seront volontairement conservées.
Et c’est tant mieux.

Parce qu’aujourd’hui il est encore nécessaire de ne pas fermer les yeux sur l’obscurantisme culturel, parce qu’il faut s’en scandaliser, toujours.

« DIRTY CORNER RESTERA DONC AINSI »

L’artiste britannique a déclaré : « Je suis convaincu qu’il ne faut rien retirer de ces insultes, de ces mots propres à l’antisémitisme que l’on voudrait aussitôt oublier. (…)

Désormais, ces mots infamants font partie de mon œuvre, la dépassent, la stigmatisent au nom de nos principes universels. Dirty Corner restera donc ainsi (…) et se montrera ainsi aux visiteurs et aux touristes de Versailles. Je défie désormais les musées du monde de la montrer telle quelle, porteuse de la haine qu’elle a attirée. C’est le défi de l’art. »

Belle et courageuse réponse à l’ignorance et à la bêtise crasse de cette bande de crétins épais.

OSONS REGARDER, LAISSONS-NOUS BOUSCULER.

Profitons-en pour rappeler aux bien-pensants qui s’offusquent de l’irruption de l’art contemporain dans ce domaine qu’ils considèrent comme intouchable,

que Versailles a justement été inventé pour être un univers de surprises, une conjugaison de TOUS les arts, une mise en scène aux dimensions colossales, et qu’il est un théâtre qui se prête précisément à l’expression de tous les genres.

C’est pour cela que l’exposition Kapoor (qui est visible jusqu’au 1er novembre) y a toute sa place.

Allons à Versailles, osons regarder, laissons-nous bousculer. C’est le rôle de l’artiste et de l’art que de choquer, d’agiter, de provoquer.

Et ça fait longtemps que ça dure !

M.K.