Elle était pourtant alléchante cette initiative du LaM de Villeneuve-d’Ascq.

Un regard sur la collection d’agnès b. proposait, du 12 juin au 23 août 2015, une sélection des œuvres acquises par la créatrice de mode depuis 1983, date à laquelle elle a démarré une vraie collection avec l’achat d’un Autoportrait de Basquiat, d’ailleurs présenté dans cette exposition.

Dans une volonté de « soutenir des artistes » et pour nourrir son amour de l’art, elle ouvre sa propre galerie, la Galerie du Jour, à Paris en 1984. Sa collection compte  aujourd’hui trois mille œuvres. Basquiat, Warhol, Brassaï, Cocteau, Louise Bourgeois, Simon Hantaï, Claude Lévêque, pour citer les plus connus, sont exposés sur cinq salles selon les thèmes de l’enfance, de l’adolescence, de l’onirisme, des obsessions et de la spiritualité.

Dans le (très léger) guide de visite qui nous est fourni par le LaM, chaque salle est introduite par une citation tirée d’une chanson, d’un livre, d’un film. Citation censée apporter un éclairage sur les œuvres présentées, sur la vie d’agnès b. et sur son rapport à l’art. Et c’est là que ça commence à devenir confus.

Car non seulement les cartels ne comportent que les indications minimales mais le guide n’apporte quasiment aucune information sur les artistes (et encore moins sur les œuvres). Les références culturelles qui introduisent le propos sont amenées de manière assez artificielle et, même si elles ont un rapport avec les thèmes des salles, distraient plus qu’elles ne guident le regard.

Bon. On s’en est donc passé. Pas besoin de guide pour se laisser toucher par les œuvres. Et encore une fois, on est déçu.

On ne se permettrait pas de critiquer les goûts d’agnès b. et du commissaire d’exposition, mais on a franchement eu l’impression qu’on ne nous a pas montré le meilleur de la collection de la créatrice.

Une sélection décevante

On aurait préféré voir les oeuvres de Massimo Vitali, Diane Arbus, Nan Goldin, Richard Avedon, Robert Mapplethorpe, Germaine Krull, Calder ou Man Ray… Même la photo de Roger Ballen, dont on apprécie le travail, nous a laissés sur notre faim.

Faute de nous rassasier, la visite fut donc rapide. Mais pour ne pas terminer sur une note négative, il faut dire qu’on a quand même aimé les oeuvres de Claire Chesnier, Abdelkader Benchamma, Berenice Abbott et Andy Warhol…

M.K.