Vous avez décidé de passer vos vacances en Bretagne cet été ? C’est malin, ça. Très malin, même. Parce que du coup, vous allez pouvoir visiter l’expo Giacometti à Landerneau (Finistère). Ca se passe aux Capucins et c’est organisé par le Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la culture, le FHEL autrement dit.

150 oeuvres,
40 ans de création

Les 150 oeuvres réunies en partenariat avec la Fondation Giacometti sont exposées dans une halle de l’ancien couvent des Capucins de Landerneau où le FHEL s’est installé depuis 2012. La scénographie permet de les voir de près et, quand c’est judicieux, d’en faire le tour. On y déambule sans se bousculer et ça, c’est assez remarquable pour être souligné.

Thématique et chronologique à la fois, le parcours présente 40 ans de création : des oeuvres influencées par le cubisme et l’art primitif, jusqu’au célébrissime Homme qui marche, en passant par une parenthèse surréaliste.

Car Giacometti a traversé les principaux courants artistiques du XXème siècle sans jamais s’y installer ou s’y conformer. C’est un artiste sans idéologie, sans certitudes.

« Je ne sais ni qui je suis, ni ce que je fais, ni ce que je veux, je ne sais si je suis vieux ou jeune… » disait-il en 1964. Et en effet, ses œuvres expriment un questionnement permanent. Il refuse la notion de « style », jugeant qu’il n’existe pas un art plus « vrai » qu’un autre.

« Je ne sais ni qui je suis, ni ce que je fais »

Ses créations reflètent ses expériences. Elles empruntent à des civilisations et des esthétiques très diverses. Cette liberté, son absence de préjugés et son indifférence aux jugements extérieurs ont fait de lui un des artistes les plus étonnants et fascinants du XXème siècle.

Comme un petit théâtre

De Giacometti, on ne retient souvent que les sculptures filiformes, les bronzes élancés, mais on sait moins qu’il a aussi réalisé de minuscules figurines, beaucoup dessiné (au stylo bille !) et peint (en noir). C’est un petit théâtre que cette exposition…

On y croise des fétiches qui jouent avec leurs formes, un godemiché à pointes, l’Objet désagréable (si (in)justement nommé), des regards pénétrants creusés au stylo, des figurines toujours plus petites, des morts (ou presque) et des vivants, souvent des proches de l’artiste, des mouvements muets, des paysages animés de silhouettes, des socles qui fusionnent avec leurs sculptures…

Ce qui est surtout frappant, c’est cette frénésie de travail, cette recherche inlassable pour restituer par la peinture ou la sculpture ce qu’il a sous les yeux. « Le problème pour moi est de savoir pourquoi il m’est impossible de faire ce que je veux faire. […] Tous les soirs, je tente de savoir ce que je vois et pourquoi je n’arrive pas à le représenter. » En perpétuelle interrogation, Giacometti crée avec obsession. Fascinant, on vous dit !

L’exposition Giacometti est visible jusqu’au 1er novembre 2015.

M.K.